Le 5 septembre, les titres des livres en lice pour le prix Goncourt sont enfin dévoilés:
Premier livre :
Ouest de François Vallejo
Catégorie: policier
Date de publication : 25/08/2006
Editeur : Viviane Hamy
Prix du livre : 18.5 Euros
Résumé du livre:
Un soir, quelque part dans un château aux tréfonds des terres de l'Ouest, au milieu d'un XIXe siècle français en turbulence, un garde-chasse se découvre un nouveau maître. Le vieux baron de L'Aubépine est mort, un fils le remplace. Lui, Lambert, le garde-chasse, aurait dû être un serviteur à l'âme trop près de ses bois, au caractère trop probe, à la meute de chiens trop sauvage et à la fille trop belle pour s'entendre avec ce nouveau baron, si plein de folies politiques, d'obsession des corps et de maladie rentrée. Non, entre lui et le jeune de L'Aubépine, l'entente n'était pas pensable, c'était d'emblée sensible, l'affaire aurait dû en rester là. L'affaire n'en restera pas là. Elle va durer dix années, et s'achèvera en carnage.
Une critique:
Un vieux cliché : un garde-chasse, son fusil et son chien. Qui est cet homme ? Quel mystère derrière cette figure inquiète ? Flash-back : XIXe siècle dans l'Ouest, pays reculé, terre de marécages où brume et humidité troublent les esprits autant qu'elles étouffent les secrets. Le décor est idéal. A huis clos, la tragédie peut commencer. Le baron de L'Aubépine fait la révolution dans son salon, à coup de lettres au grand Hugo, à l'idole exilée. Il court la dentelle le long des corridors quand Lambert, son garde-chasse, court le gibier dans ses bois. Un chien parmi les chiens celui-là, soucieux de sa famille. Un homme simple qui s'efforce de ne pas penser, de fermer les yeux sur les excentricités de son maître. L'affrontement de ces hommes que tout oppose, c'est la folie contre le bon sens, la passion contre la raison.
François Vallejo touche avec une acuité déconcertante à la complexité des caractères, à la duplicité des âmes. Il y a l'histoire, bien sûr, sombre et retorse, il y a l'écriture, surtout, d'abord déconcertante puis envoûtante, vivante, angoissante. Véritable montée en puissance tragique, chaque nouveau chapitre est l'occasion de s'enfoncer un peu plus dans les bois denses, dans l'atmosphère moite de l'Ouest. La tension devient presque insupportable, suffocante à mesure que le rythme s'emballe. Le verbe est incisif, les phrases courtes. Le souffle se coupe, l'angoisse atteint des sommets. Et pourtant, impossible de s'interrompre, il faut savoir, percer les mystères, comprendre les drames qui se déroulent à l'abri des murs du château ou sous le couvert des arbres. Rares sont les romans aussi aboutis. De cette oeuvre magnifique, de ce chef-d'oeuvre, oserait-on dire, on ressort forcément ébranlé. Chapeau monsieur Vallejo.
Thomas Flamerion